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Le Maroc reprend le tourisme

Après la crise financière de 2007, de nombreux gouvernements ont mis en place des verrous pour réguler le monde de la finance (verrous qu’au passage, Trump a fait allègrement sauter quelques jours après son investiture). Avec l’affaire Fillon, c’est pareil : cette affaire doit nous permettre de mettre enfin des verrous pour réguler cet univers opaque qu’est celui des élus. Il y a peu, je me suis rendu à Marrakech pour y suivre un incentive, et j’en ai discuté avec beaucoup de monde. J’ai pu noter à quel point cet événement a marqué les esprits. De gauche comme de droite, le mécontentement était profond. Même ceux qui avaient décidé de voter pour le champion des LR le soutenaient sans grande conviction : ils étaient franchement révoltés par les manœuvres du clan Fillon. Cette controverse a clairement mis sur la table à quel point les élus se goinfrent sur le dos des contribuables. Mais le pire reste d’après moi la lapidation des médias que Fillon a tenté d’instaurer. Lui qui était jusque-là un modèle de retenue, la transformation a été radicale ! Il a en effet sorti l’artillerie sarkozyenne : il a accusé Bercy, dénoncé ses détracteurs, critiqué les journalistes. Lapider les journalistes est depuis Sarkozy une chose courant dans ce type d’affaires : ça permet de détourner l’attention des spectateurs du fond de l’affaire. Mais cela en dit long sur la mentalité du candidat. Le vrai problème, dans cette histoire, c’est que députés et sénateurs considèrent notre pays comme un bon filon pour s’enrichir. Les manœuvres de Fillon prouvent qu’il n’existe aucune juridiction pour superviser l’argent des parlementaires : ces derniers agissent en toute autonomie. Il serait plus que temps de cadrer tout ce petit monde, et ce de gré ou de force. Notre démocratie n’en ressortirait que plus forte. Et c’est dans ce sens que va l’Histoire. Durant des décennies, l’Elysée n’a par exemple pas été soumis au devoir de transparence. Jusqu’à ce que Sarkozy fasse en sorte que le budget de l’Elysée soit publié. Ce qui fait que les dépenses du chef d’Etat sont aujourd’hui évaluées au centime près ! Une pratique très répandue dans les pays du nord, et normale dans une démocratie. Et il serait normal que quelqu’un soit autorisé à s’intéresser aussi à l’ensemble de nos assemblées. Autrement, cet incentive au Maroc m’a fait beaucoup de bien. L’agence qui l’a programmé a été très carrée. Suivez le lien pour le contact.

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