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La Grande Barrière de Corail

Unique au monde, la Grande Barrière de Corail fait rêver. Rares sont les endroits qui procurent des émotions aussi fortes que les barrières coralliennes : dans le cas de la Grande Barrière corallienne d’Australie, c’est un véritable univers de formes et de couleurs qui s’offrent au regard des plongeurs. Pour apprécier pleinement la beauté magique de l’endroit, il faut en effet s’équiper de bouteilles : c’est le moyen idéal pour se donner l’illusion, le temps d’une plongée, d’appartenir à ce monde paradisiaque et d’explorer des profondeurs où l’espace perd ses limites et où le temps paraît suspendu. La Grande Barrière corallienne est la plus grande construction réalisée par des organismes vivants : longue de plus de 2000 kilomètres, elle se développe en forme de demi-lune au large de la côte nord-est du continent australien. Des milliers de récifs isolés la composent : les uns sont émergés, les autres apparaissent à marée basse, en tout ou en partie. Ces récifs présentent des formes circulaires, en demi-lune, ou constituent des véritables brise-lames. Afin de protéger ce site unique au monde par la variété des espèces vivantes, le gouvernement australien créa en 1975 un parc national qui comprend à la fois les terres émergées et les eaux environnantes, et qui constitue, aujourd’hui encore, un des plus grands parcs sous-marins du monde. Les autorités du parc sont chargées de contrôler les activités commerciales, de réglementer l’exploitation des ressources naturelles, de limiter l’afflux des touristes et de veiller à la conservation de l’habitat et des espèces vivantes. Autour des récifs, la vie sous-marine présente une étonnante variété de formes et de couleurs, mais l’équilibre de ce biotope est particulièrement fragile. Celui qui plonge dans l’eau translucide découvre le décor d’un univers enchanteur, tout enveloppé de bleu.

grande barrière de corail

Ces reliefs multicolores, ornés de coquillages et de nudibranches, sont partout recouverts de milliers d’éponges et de coraux, en forme d’éventail, d’entonnoir, de sphère, tantôt arrondis, tantôt découpés. Les scientifiques les désignent sous le nom de madréporaires, de gorgones, de turbinaires ou d’alcyonaires : silencieux et immobiles, ils se nourrissent de particules microscopiques qu’ils capturent en se servant des petits tentacules de leurs polypes. Les restes de ces organismes, complétés par les apports de gigantesques colonies d’algues vertes et rouges, contribueront à former, dans les années futures, de nouvelles barrières, poursuivant le travail entrepris depuis des millions d’années par les générations antérieures. Ces récifs abritent une faune abondante, dont une grande quantité de poissons, de formes, de couleurs et de dimensions variées : pas moins de 1500 espèces des mers tropicales ont été répertoriées, mais il en reste encore de nombreuses à identifier. Certains poissons sont d’une beauté saisissante : c’est le cas du poisson-papillon, en forme de disque, qui se sert de son petit museau pointu pour arracher les polypes des coraux, ou du poisson-ange, qui se distingue par l’élégance de sa silhouette et de ses couleurs. Les tentacules des anémones de mer abritent souvent le poisson-clown, dont le corps orangé est parcouru de rayures noires et blanches : le revêtement protecteur de ses écailles le protège contre les tentacules urticants des anémones. Le poisson-vache (Lactoria cornuta), qui présente une forme carrée, est encore plus surprenant : ce poisson, qui doit son nom aux deux « cornes ›› qui lui surmontent la tête, se nourrit de petites algues et se déplace lentement, en agitant ses nageoires par saccades. Dans les profondeurs, les plongeurs trouveront aussi des compagnons de jeu : le gigantesque mérou, dont le poids peut atteindre 150 kilogrammes, observe les visiteurs d’un air bienveillant et pacifique; il suffira de lui offrir un peu de nourriture pour l’amadouer. Les plus chanceux pourront aussi observer la tortue verte, dont l’espèce est malheureusement menacée d’extinction : même si la Grande Barrière corallienne abrite la plus grande population de tortues vertes du monde, le nombre de ses représentants s’est considérablement réduit au cours des dernières années. Cette tortue, qui doit son nom à la couleur de sa chair, se déplace élégamment en agitant ses membres antérieurs, comme insensible au poids de sa volumineuse carapace. L’accouplement a lieu tous les deux ou trois ans : la femelle se hisse sur une plage de sable, où elle creuse un trou pour y pondre ses œufs. Abandonnés à eux-mêmes, les petits sont la proie des mouettes et des crabes quand ils tentent de rejoindre la mer. Vingt à trente ans plus tard, ils retourneront sur les lieux de leur naissance pour donner la vie aux nouveaux représentants de l’espèce. Les profondeurs paradisiaques de la Grande Barrière corallienne abritent aussi des espèces qui peuvent se révéler dangereuses : il faut en particulier se méfier du poisson-pierre (Symmceia horrida). Long de 30 centimètres, ce poisson de la famille des Scorpénidés doit son nom scientifique aux épines et aux verrues venimeuses qui lui surmontent le corps. Dans son environnement naturel, il se confond avec les roches et les coraux : enfoui dans le sable, parfaitement camouflé, il guette sa proie. Malheur au plongeur qui viendrait le déranger : les treize épines de sa nageoire dorsale contiennent un puissant venin, qui provoque la paralysie des muscles et l’arrêt du cœur. Les visiteurs se garderont aussi d’approcher un autre habitant de la Grande Barrière : le poulpe aux anneaux bleus, dont la longueur peut atteindre 10 centimètres. On peut le trouver dans les eaux des piscines naturelles qui se forment entre les récifs à marée basse. Sa couleur ne passe pas inaperçue : quand l’animal est excité, son corps se couvre d’anneaux d’un bleu irisé. Sa morsure n’est pas douloureuse, mais le venin contenu dans la salive est fortement toxique et souvent mortel. D’autres dangers apparaissent au coucher du soleil, quand les grands prédateurs, tels que les barracudas et les requins entrent en action : capturant leurs proies à la faveur de l’obscurité, ils complètent le cycle de la vie et de la mort.

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