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Découvrir Mesa Verde

Les amoureux des Etats-Unis reconnaitront tout de suite le cadre absolument unique au monde de Mesa Verde. C’est un haut lieu de la culture des indiens d’Amérique, et c’est un site à découvrir. Inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco, le parc national de Mesa Verde est situé dans le sud-ouest du Colorado, sur un haut plateau couvert d’une nappe sylvestre de cèdres, de yuccas et de pins qui lui a valu son nom espagnol de « Table verte ». On y trouve une remarquable concentration d’habitats ancestraux nichés au creux d’excavations naturelles, parfois taillés à même le grès des falaises par des hommes dont la civilisation brilla d’un feu particulier aux XIIe et XIIIe siècles. Créateurs de plus de 4 400 sites habités, villages du sommet de la Mesa ou abris aux pièces multiples aménagés dans les falaises, ces hommes, répartis en plusieurs groupes dans les États actuels du Colorado, de l’Utah, de l’Arizona et du Nouveau-Mexique, formèrent l’essentiel du peuple Anasazi. Ce peuple, aussi doué pour l’irrigation de la terre que pour l’observation du ciel, a laissé par ailleurs à la postérité, dans les domaines de la céramique décorée, du tissage et du dessin sur roche, nombre d’objets artistiques et autres vestiges cultuels et monumentaux. Il faut remonter 60 millions d’années pour comprendre la nature de l’habitat de Mesa Verde, la structure géologique si particulière du lieu résultant du retrait progressif de la mer qui le couvrait. Beaucoup plus tard, les abris naturels des falaises furent occupés par les premiers hommes, mi-nomades mi-cultivateurs ; au 6ème siècle apr. J.-C., ces hommes vivaient encore au sommet de la Mesa, dans des cavités semi-souterraines. C’est seulement vers 1′an mil qu’ils mirent au point les techniques architecturales leur permettant d’aménager un nouveau type d’habitation à plusieurs pièces. Au XIIe siècle, au moment même où l’Île-de-France lance ses cathédrales gothiques à l’assaut du ciel, les villageois du secteur de Mesa Verde se regroupent par unités plus importantes, peut-être pour se renforcer, et développent un art du quotidien qui embellit leurs objets les plus usuels.

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À l’aube du XIIIe siècle, changement brutal : pour une raison ignorée, mais probable ment liée à leur sécurité, ces mêmes Indiens émigrent soudain de leurs villages vers les habitations, hâtivement construites, des falaises. Installation d’ailleurs temporaire : un siècle plus tard, à peine, tous les sites des canyons sont abandonnés : épidémie? sécheresse? Épuisement des sols? Les archéologues se perdent en conjectures sur les causes de cet abandon dont aucune explication n’est pleinement convaincante. Si Mesa Verde doit son nom aux explorateurs espagnols du XVIIe siècle, c’est seulement vers la fin du 19ème siècle que des géologues intrigués prirent les premières photographies d’habitations taillées dans les nombreuses anfractuosités des gorges locales. La découverte du site principal revient à deux cow-boys qui, partis au coeur de l’hiver 1888 à la recherche de leur bétail égaré dans le blizzard, aperçurent soudain, au milieu des rafales de neige, l’extraordinaire ensemble aujourd’hui connu sous le nom de Cliff Palace (palais de la Falaise), découverte à laquelle la presse nationale donna instantanément un grand écho. Comme sur presque toute la surface du continent américain, ce fut l’appât du gain et non la curiosité culturelle qui précipita presque aussitôt, vers Mesa Verde, des foules de chasseurs de trésors et autres impudents pillards, manieurs de dynamite quand l’accélération du rythme de leurs brigandages l’exigeait. Depuis quelques années, les envahisseurs du site sont beaucoup plus pacifiques et animés de bien meilleures intentions. Du monde entier, mais en premier lieu de tous les horizons des États-Unis, des foules se précipitent à la rencontre de ce patrimoine colossal et fragile. Cet engouement n’est pas neutre; le sanglant génocide des populations autochtones par les colons européens a laissé des traces profondes dans la conscience de tous les hommes de bonne volonté qui, à défaut de pouvoir ressusciter les victimes, ont à coeur de préserver ce qui reste de cet émouvant héritage. Or, si la nature a depuis longtemps repris tous ses droits sur le plateau et ruiné à jamais les anciens villages, les habitations des falaises ont bénéficié, après sept siècles d’oubli, d’un surprenant état de conservation. Pour n’en rien altérer, les autorités locales réglementent sévèrement l’accès aux ruines : le nombre des visiteurs est réduit, leur cheminement strictement balisé. L’escalade d’échelles amovibles et le parcours d’étroites sentes dominant le vide ajoutent beaucoup à l’agrément de la visite : hivernale, cette dernière bénéficie de la tiède caresse des rayons que la course basse du soleil projette au fond de la cavité; estivale, elle se déroule à l’ombre bienfaisante assurée par l’énorme surplomb rocheux qui masque l’astre du jour à son zénith.

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